GEO : pourquoi on ne se précipite pas (et ce qu’on en retient vraiment)
Cette semaine, j’ai vu passer une formation à 509€ promettant de « faire citer votre marque par ChatGPT », un post LinkedIn parlant d’« Architecture 5-A » qui aurait généré 2 500 clics en 28 jours, et dans le même temps, un podcast où David Quaid, consultant SEO depuis 26 ans, démonte point par point le discours d’un fondateur d’outil GEO ; un échange visionné maintes et maintes fois par la communauté SEO comme une libération collective. Même mot-clé, deux mondes complètement opposés.
Au sein d’artwaï, je suis le sujet du GEO (Generative Engine Optimization) depuis un moment, parce qu’il fait débat en interne et qu’il touche directement à ce qu’on produit : structure technique, contenu, SEO. Mon objectif est simple : avant de recommander un usage, ou de vous vendre une prestation, il faut vérifier si le truc tient la route. Et sur le GEO, le moins que je puisse dire c’est que je suis un poil dubitatif sur une bonne partie des infos qui circulent.
Ce que vend le marché du GEO en ce moment
Le pitch est souvent le même. On vous explique que le SEO « classique » est mort, que désormais tout se joue dans les réponses de ChatGPT, Claude ou Gemini, et qu’il existe une méthode propriétaire (avec un nom à rallonge et des majuscules partout) pour « faire citer » votre marque par ces IA.
Concrètement, ça se traduit par : du balisage JSON-LD présenté comme une formule magique, des scores techniques à 94+ brandis comme preuve de performance, et des promesses de trafic chiffrées avec une précision suspecte. Le tout enrobé d’un vocabulaire qui sonne plus comme une campagne de recrutement militaire que comme du conseil technique : « commander l’algorithme », « dominer son marché », « empire digital ».
On ne va pas dire que rien de tout ça n’a d’effet. Le balisage structuré, par exemple, aide effectivement les moteurs (IA ou pas) à comprendre le contenu d’une page : ce n’est juste pas nouveau, et ce n’est certainement pas le secret qui va faire exploser votre visibilité du jour au lendemain.
Ce que démonte David Quaid (et que confirment les études)
Dans le fameux podcast, David Quaid répond à un fondateur d’outil GEO qui présentait sa solution comme une approche radicalement nouvelle. Et là, c’est l’expert SEO qui prend le dessus avec quelques arguments très concrets. (Et j’avoue que je n’aurais pas aimé être à la place de son interlocuteur…) Il résume son approche de manière très simple :
AI SEO ou GEO ou AEO moins SEO, ça donne zéro
Autrement dit, retirez le SEO et il ne reste rien. Pourquoi ?
Premier point : aucune IA conversationnelle ne dispose de son propre index du web. Construire et maintenir un index comparable à celui de Google coûterait des sommes astronomiques, sans parler de l’infrastructure physique (centres de données, points de présence chez chaque fournisseur d’accès) que Google a mis vingt ans à bâtir. Du coup, quand ChatGPT ou Perplexity « font une recherche », ils découpent votre question en plusieurs requêtes, les envoient à Google ou Bing, récupèrent une dizaine à une centaine de résultats, et synthétisent une réponse à partir de ça. Sans positionnement Google correct en amont, votre contenu n’a simplement aucune chance d’être repris.

Le deuxième point, plus surprenant pour quiconque a déjà entendu parler de balisage structuré comme solution miracle : Google est « content agnostic », il ne se préoccupe pas vraiment de la structure d’un document (tant qu’elle est cohérente). Un texte de 20 mots ou de 500 mots peut être indexé tout aussi bien. L’idée qu’il existerait une structure parfaite et secrète pour « plaire à l’IA » relève donc largement du fantasme marketing.
Troisième point : produire en masse du contenu généré par IA pour « couvrir tous les angles d’un sujet », même si chaque article individuel a l’air correct, ça s’appelle du « scaled content abuse » aux yeux de Google. Et cette pénalité existe depuis bien avant l’IA générative, elle vise la production en masse, pas la qualité d’un texte pris isolément. Publier 10, 20 ou 50 articles sur le même sujet via un pipeline automatisé, c’est exactement le genre de pratique qui peut faire disparaître un site de l’index purement et simplement.
Tout ça rejoint d’ailleurs ce que montre une étude de Stella Rising sur des utilisateurs réels d’outils IA : la plupart des prompts ressemblent à des recherches Google classiques, courtes et factuelles. Pas les longues conversations qu’on imagine quand on parle de « recherche générative ». La base reste la même : un contenu qui répond clairement à une question, bien structuré, qui vient d’une source qui a une certaine crédibilité.
Ce qu’on en retient chez artwaï
On ne va pas prétendre qu’on a toutes les réponses sur le GEO, personne ne les a vraiment, le sujet évolue trop vite. Mais voici où on en est aujourd’hui : si votre contenu est déjà bien pensé, répond à de vraies questions, charge vite et est accessible, et surtout si votre référencement classique est solide, vous êtes probablement déjà mieux positionné pour les IA génératives que la plupart des sites qui suivent qu’une « méthode GEO » à la lettre.
Le balisage structuré, la rapidité de chargement, l’accessibilité du contenu : ce sont des choses qu’on vérifie systématiquement avec MilleCheck, l’outil qu’on a développé chez artwaï pour auditer vos urls sur ces sujets. Pas parce que c’est « la nouvelle astuce GEO », mais parce que c’est la base depuis toujours, et qu’elle compte encore plus maintenant que les IA viennent piocher dans le contenu du web via les moteurs classiques.
Si quelqu’un vous propose une « stratégie GEO » déconnectée de tout ce travail de fond, contenu solide, technique propre, performance, méfiez-vous. En revanche, si on vous dit que continuer à soigner ces bases là reste la meilleure chose à faire en attendant d’en savoir plus sur l’IA et la recherche, c’est probablement un conseil honnête et pour le moment ça reste le nôtre.
Visuel généré à partir d’une intelligence artificielle.